[FR] RÉSUMÉ | Débat | Pourquoi le populisme est-il actuellement populaire, dans l’Union européenne et ailleurs dans le monde ?

Le 6 février 2019, PubAffairs Bruxelles et la Représentation permanente de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) auprès de l’Union européenne ont organisé un débat d’idées sur la question de la popularité du ‘populisme’ dans l’Union européenne et ailleurs dans le monde, avec M. Philippe Herzog, Président fondateur de Confrontations Europe, M. Jérôme Creel, Directeur des études de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) – Science Po et Professeur associé à ESCP Europe, M. Renaud Denuit, Éditorialiste à Agence Europe et M. Arthur Borriello, Chercheur au Centre d’Étude sur la vie Politique (CEVIPOL) – ULB. M. Stephane Lopez, Ambassadeur, Représentant de l’Organisation Internationale de la Francophonie auprès de l’UE, a tenu un discours d’introduction. Le débat était  modéré par Gabriel Gresillon, Correspondant pour les Échos.

L’Ambassadeur, Représentant de l’Organisation Internationale de la Francophone (OIF) auprès de l’UE, M. Stéphane Lopez, a ouvert le débat en comparant le développement des mouvements dits ‘populistes’ à un orage. A la veille des élections européennes du mois de mai prochain que de nombreux observateurs considèrent comme celles de tous les dangers pour la démocratie, les valeurs européennes, et l’avenir de l’Union européenne, l’OIF et PubAffairs Bruxelles entendaient en particulier interroger les causes profondes de la montée des populismes, notamment dans plusieurs Etats de l’Union européenne, dont certains membres de l’OIF. L’Ambassadeur a ensuite établi l’intérêt pour l’OIF d’organiser un évènement sur le sujet en rappelant qu’outre la promotion de la langue, de la littérature et de la culture, l’OIF compte parmi ses 88 membres certains qui s’intéressent à des questions plus larges, voire qui sont directement concernés par un gouvernement qualifié de ‘populiste’. En tout état de cause, les thèses populistes vont nécessairement impacter les politiques européennes. L’Ambassadeur a  aussi  évoqué la volonté constante de l’OIF de ne pas stigmatiser les régimes dits ‘populistes’, ni les populations qui les élisent, et a affirmé le choix de s’orienter sur une analyse intellectuelle des causes et motivations des électeurs, en Europe et au-delà. Pour aborder le sujet, Stéphane Lopez a repris les propos de David Goodhart dans son livre « The road to somewhere » qui établit une distinction entre les personnes venant de ‘anywhere’ [partout], nomades internationaux, mobiles et ouverts aux influences étrangères, et, d’un autre côté, les personnes qui viennent de ‘somewhere’ [quelque part], avec une identité locale forte liée à un terroir et plus inquiets face à l’ouverture au monde et en particulier au grand Sud, les premiers étant les seuls à bénéficier des opportunités de la mondialisation.L’Ambassadeur a terminé son introduction en faisant une analogie avec la situation actuelle en France et en citant le Président Macron qui dit regretter l’inégalité de destin et qui révèle l’importance de l’éducation et son rôle dans la reproduction des inégalités. Si les peuples ont le sentiment que les dés sont pipés dès le départ, il est compréhensible qu’ils se fâchent.

Le modérateur Gabriel Gresillon, après avoir présenté les intervenants, a lancé la discussion en demandant à chacun de définir ce qu’ils entendent par populisme.

Le premier intervenant, M. Renaud Denuit est revenu sur l’origine du mot ‘populisme’ qui  décrivait une tendance dans la littérature européenne à narrer la vie de personnes humbles, mais qui aux Etats-Unis servait à qualifier tout d’abord l’approche adoptée par les personnalités politiques proches de ‘l’américain moyen’ et qui se méfiaient des élites de Washington. L’orateur a souligné que cette dernière définition avait une connotation positive. D’après l’orateur, ce qui définit à l’heure actuelle les partis ou mouvements ‘populistes’ est une tendance à s’autoproclamer en tant que représentants du peuple  tout en adoptant une position anti-internationaliste et en accentuant les notions d’autochtonie et d’affrontement entre la nation et la mondialisation. Autres postures que partagent ces mouvements : l’anti-intellectualisme et l’hostilité à la technicité et à l’expertise en utilisant des discours simplistes, en flattant les citoyens et en faisant fi de la rationalité, ce dernier aspect, l’orateur a conclu, étant déjà défini dans l’ancienne philosophie grecque en tant que ‘démagogie’. 

Selon M. Philippe Herzog, le terme de « populismes » évoque une variété de phénomènes, mouvements sociaux, révoltes populaires, ou établissement de régimes gouvernementaux autoritaires, présents sous différentes formes dans presque toutes les démocraties occidentales contemporaines. Ils traduisent le refus et la révolte face aux impacts sociaux et sociétaux de la mondialisation libérale : une majeure partie de la population, y compris dans la classe moyenne, est paupérisée, précarisée ou fragilisée, surtout depuis la crise financière qui a éclatée en 2008. Selon l’orateur, ces réactions qu’on masque trop souvent sous le terme de « populistes » sont durables. Ce capitalisme a creusé les inégalités sociales et territoriales dans chaque nation et le manque d‘opportunités frustre une grande partie des citoyens qui n’arrivent pas à se projeter positivement vers l’avenir. D’autre part, l’écart est profond entre les classes supérieures et les élites, et les populations fragilisées ou laissées pour compte, voire exclues. Aujourd’hui s’exprime la volonté de ces citoyens, qui se sentent mis à l’écart, de s’exprimer dans l’espace public, dès qu’ils s’aperçoivent qu’ils ont été oubliés par leurs représentants. Ceci les conduit à revendiquer de « reprendre contrôle de leur destin ». M. Herzog a conclu son intervention en disant : « le populisme est l’ombre portée de la crise de notre démocratie occidentale ». Les « élites » dirigeantes devront non seulement apprendre à écouter les gens, mais aussi comprendre qu’il faut repenser la démocratie et mettre en place la participation du plus grand nombre ; les violences des marchés globalisés et les limites historiques de la démocratie élective représentative sont patentes.

M. Arthur Borriello a voulu opérer un revirement théorique par rapport aux deux orateurs précédents. En ce sens, il a défini le phénomène du ‘populisme’, non pas comme une famille politique au même titre que les partis traditionnel, mais comme une ‘logique politique’, par opposition à une idéologie, une stratégie ou une simple rhétorique. Cette ‘logique politique’ articule son identité en ramenant l’ensemble des conflits politiques, économiques et sociaux à une sorte d’opposition primordiale entre les élites et le peuple. L’orateur a ensuite rejoint l’analyse de Philippe Herzog sur la mondialisation comme cause fondamentale du populisme tout en soulignant qu’il ne s’agit pas du seul facteur. D’après l’orateur, la cause primaire du phénomène ‘populiste’ se trouve dans sa capacité à construire de nouvelles formes d’identification politique, qui peuvent recouvrir des contenus idéologiques très variés et, parfois, antagonistes. Cela est confirmé par le fait que nous pouvons retrouver des exemples d‘organisations populistes qui se réfèrent aux différents spectres de l’échiquier politique, pendant différentes périodes historiques et dans plusieurs zones géographiques, en Europe comme dans les Amériques. M. Borriello a conclu en affirmant qu’il faudrait donc utiliser une définition minimale du populisme afin de comprendre sa variété et ses spécificités. 

  
M. Jérôme Creel a répondu à la question du modérateur en prenant l’exemple du gouvernement italien, qui est une coalition de deux partis qui, d’après l’orateur, n’ont que très peu de points communs: d‘un côté, la ‘Ligue’, avec des forts éléments de xénophobie et également pro-industrie et, de l’autre, le ’Mouvement 5 étoiles’, en faveur d’un modèle de démocratie participative et d’un état social plus fort. Au-delà de la question migratoire, sur laquelle, d’après l’orateur, ils partagent des positions communes, ce qui les rassemble est le fait de se présenter aux électeurs comme des organisations anti-élites. En partant de cet exemple, M. Creel a donné sa définition du ‘populisme’ comme l’appropriation de la représentation du ‘peuple’ de la part d’une ou plusieurs organisations qui se proclament les seuls acteurs légitimes à représenter les citoyens contre des élites économiques, politiques et financières représentées à la fois comme incapables et corrompues. De plus, un aspect commun des organisations populistes est leur proposition d’un modelé identitaire qui est défini négativement et qui, par conséquence, vise à alimenter la stigmatisation des différences culturelles, sociales et économiques. 

Le modérateur s’est tourné à plusieurs reprises vers les orateurs afin d’essayer de mieux définir les causes, ainsi que de contextualiser le phénomène du ‘populisme’ en Europe.

M. Herzog est revenu sur un des aspects plus spécifiquement européens de la question, encore non évoqué dans la discussion, qui est la reproduction de clivages entre pays de l’Ouest et de l’Est bien que le mur de Berlin soit tombé. L’élargissement n’a été conçu que comme alignement sur les règles occidentales alors qu’il s’agissait d’une réunification de l’Europe. La méconnaissance des peuples qui sont rentrés dans l’Union, de leurs souffrances, de leur histoire et de leur quête d’identité est visible. Certains de leurs dirigeants, comme monsieur Orban, se revendiquent de la création de ‘démocraties illibérales’, en parlant des pays de l’Europe centrale et orientale, exprimant ainsi clairement le refus du libéralisme occidental, qui, il faut bien le reconnaitre, a pu dériver vers un ultra-libéralisme. D’ailleurs, beaucoup à l’Ouest observent cette dérive qui peut être qualifiée d’anti-démocratique. Dans nos sociétés les valeurs sont souvent devenues des fétiches, le souci de la vérité et du bien commun se perd, et le pouvoir politique se contente souvent d’offrir des compensations sociales aux populations fragilisées sans réduire en profondeur les inégalités primaires qui se sont creusées entre capital et travail, qualifiés et non qualifiés etc. Aussi, M Herzog a affirmé que le mouvement des ‘Gilets Jaunes’ en France a le mérite d’avoir remis au centre du débat public les questions de la justice sociale et du fonctionnement de la démocratie à l’heure actuelle.

Pour M. Creel, un élément nouveau dans la discussion sur le ‘populisme’ serait l’existence d’une trop grande distance entre experts, décideurs politiques et citoyens, ainsi qu’un manque de reconnaissance publique des erreurs des deux premiers. Par exemple, en termes de débat économique, les supporters du néolibéralisme n’ont pas reconnu avoir surévalué les effets de l’augmentation de richesse dans le monde, tout en négligeant les risques que ce processus aurait pu entamer soit dans les pays en développement soit dans les pays plus développés. Cette analyse, l’orateur a expliqué, est applicable aussi pour comprendre les dynamiques politiques et sociales des pays d’Europe de l’Est, où les privatisations ont conduit à une désappropriation massive, à une transition économique fatigante et à l’impression d’une perte de contrôle en termes de souveraineté économique et politique. Par contre, en ce qui concerne la dichotomie Nord-Sud, M. Creel a critiqué les politiques économiques  de l’UE. L’orateur a remarqué que les politiques économiques d’austérité de la zone euro, par leur nature anticyclique, non seulement n’ont pas aidé la reprise économique, mais ont gravement endommagé la stabilité des pays plus faibles, ainsi que la solidarité entre l’ensemble des membres de l’Union européenne.

Trois causes fondamentales du ‘populisme’ en Europe ont été énoncées par M. Denuit, à savoir : la détresse sociale, sous forme de chômage de masse, absence de perspectives ou disparition de l’ascenseur social ; le ressentiment contre la mondialisation incontrôlable ; et, enfin, la migration et l’approche politique de celle-ci creusant le fossé interculturel. L’orateur a aussi remarqué que les élites d’aujourd’hui ont tendance à considérer de vivre dans un monde ‘post-démocratique’ ou de ‘fin de l’histoire’, et que cette vision les empêche souvent de reconnaitre les dynamiques sociales, politiques et économiques dans leur totalité.

Pour M. Borriello, l’émergence du populisme en Europe est un signe de transformation profonde des conflits politiques dans les démocraties européennes, ainsi que l’avènement d’une nouvelle ligne d’affrontement entre les groupes politiques. Celle-ci se superpose au clivage gauche-droite, en déclin mais toujours bien présent, ce qui complexifie le champ politique. Selon l’orateur, la gouvernance économique de l’eurozone pendant la crise a révélé ses carences à travers les conséquences sociales de l’austérité, et la convergence de tous les partis traditionnels vers l’austérité budgétaire a constitué un suicide politique pour plusieurs familles politiques en Europe. L’orateur a expliqué qu’il existe également une sensation de confiscation de la décision politique par des instances non élues comme la BCE, la Commission ou l’Eurogroupe, d’autant que les enjeux économiques et sociaux après la crise du 2008 sont devenus de plus en plus graves. Enfin, l’orateur a remarqué que certaines transformations sociales et anthropologiques, comme le démantèlement des instances intermédiaires, l’atomisation des individus et le désintérêt pour les syndicats, ont favorisé l’émergence de ces types de mouvements politiques.

Le modérateur a ensuite interrogé les orateurs sur les possibles actions afin de diminuer les conflits sociaux et favoriser la stabilité politique et économique de l’Union européenne.

M. Creel a dénoncé le manque d’un projet européen définissable depuis la création de l’euro, ce qui témoigne  d’une faiblesse structurelle. Pour pallier à cette absence et à la difficulté de mise en place d’un projet de fédéralisme européen, l’orateur a suggéré un engagement plus important dans le processus de transition écologique qui pourrait augmenter la participation citoyenne dans les politiques publiques.

Selon M. Herzog, le niveau d’éducation de la population et les capacités d’information offertes par la révolution numérique font émerger une possibilité et une volonté d’expression voire de participation du plus grand nombre face aux décisions publiques.  D’autre part, en Europe l’hétérogénéité des nations est grande, et chaque Etat défend à sa façon la souveraineté nationale, alors que la nécessité de coopérations multiples s’affirme face à des défis communs (écologie, combat contre les terrorismes etc.).  Pour résoudre cette contradiction l’orateur a considéré qu’il faudrait dépasser l’opposition classique entre un fédéralisme conçu comme Etats-unis d’Europe et une Europe des nations où le partage de politiques communes resterait réduit au minimum. A cet effet, il est indispensable de développer beaucoup plus de solidarités humaines et productives entre les peuples européens. Ce qui peut conduire à les fédérer, sans nécessairement bâtir un Etat fédéral, c’est la nécessité de doter l’Union d’attributs de puissance publique dans un monde où s’affirment des rivalités de puissance sources de violences et d’incertitudes. Il apparaît que les Etats européens ne peuvent réussir séparément à relever des défis tels que l’élévation des compétences, les flux d’immigration, la maitrise de la fiscalité, la compétitivité industrielle, la défense collective, l’appropriation des potentiels des technologies numériques… Pour y faire face des réformes du grand marché et de l’Union monétaire et la formation d’un véritable budget permettront de mettre en place un nouveau mode de développement économique, social et écologique  qui nécessite des investissements massifs à l’échelle européenne, bien au-delà du plan Juncker. Sinon l’Europe risque d’être broyée entre les Etats-Unis qui n’assument  plus un rôle responsable de grande puissance dans le monde actuel, et la Chine qui revendique maintenant la place de première superpuissance.

M. Denuit a conclu en donnant une liste des points essentiels à suivre pour l’UE. Premièrement, en accord avec M. Creel, il faudrait  faire du climat une priorité absolue. De plus, il faudrait réviser les traités budgétaires, atteindre une convergence fiscale grâce au passage à la majorité qualifiée au Conseil et augmenter de manière conséquente le budget de l’Union européenne au-delà des 1% du PIB. L’orateur a ensuite expliqué qu‘une politique commune concernant l’impôt sur les sociétés, et une amélioration du socle commun des droits sociaux sont aussi d’autres questions non négligeables. Sur un plan plus institutionnel, M. Denuit a considéré qu’une sous-forme de démocratie directe est déjà présente dans les réseaux sociaux et qu’elle est clairement demandée par la population. L’orateur a conclu en disant que les questions de la démocratie participative et directe ne sont pas mentionnées dans les traités européens et qu’il faudrait les inclure après une réflexion approfondie sur les changements en cours dans la société contemporaine.

Parmi les thèmes abordés lors de la session de questions-réponses figurent: le parallèle avec la situation des années 1930, le retrait par Donald Trump de certaines organisations internationales, le principe de subsidiarité dans les décisions européennes, la responsabilité des dirigeants européens  pendant la crise financière, la création d’un gouvernement européen à proprement parler, les incompréhensions entre les pays occidentaux et les Etats membres anciennement soviétiques, la responsabilité de l’UE durant la crise migratoire et la peur de l’autre dans les situations d’incertitude économique.

Voulez-vous approfondir les questions abordées lors de notre débat? Consultez les publications et références répertoriées ci-dessous:

Philippe Herzog : « D’une Révolution à une autre, mémoires » Rocher, 2018

Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) – Science Po

Centre d’Étude sur la vie Politique (CEVIPOL) – ULB

Agence Europe, éditeur du renommé Bulletin Quotidien Europe depuis 1953

Christine Lagarde : « Les élites n’ont pas conscience de ce qui se passe », Les Echos

La crise de la démocratie représentative : Les ‘Somewhere’ vs les ‘Anywhere’, La Libre

Les élus et les exclus de la Mondialisation, Fonds Monétaire International

Une mondialisation viable, profitant à tous, Banque Mondiale

Populisme et gouvernabilité dans la perspective des élections européennes, Revue de OFCE

Il y a 25 ans, le ‘populisme’ fait une entrée fracassante dans le débat politique français, France Info

Les populistes européens veulent peser lors des élections, Euronews

Les dirigeants européens à la rescousse des populistes italiens, Project Syndicate

Grand débat : la fabrique des résultats, France Culture

Pour un meilleur populisme, Project Syndicate

Pour comprendre le populisme, il faut s’interroger sur ce qu’il reste de « la souveraineté du peuple », Le Monde

Tour du monde des pays touchés par la vague du populisme, Le Figaro

Brésil, Etats-Unis, Italie, Hongrie: la montée du populisme est-elle une menace pour le monde?, RFI

Les 10 ans de la crise. Le populisme est le vrai résultat de la crise financière, Courrier International

L’essor du populisme est-il vraiment lié à la crise économique?, Le Figaro

Les vraies causes du populisme ne sont pas celles qu’on croit, France Culture

Libéraux contre populistes : un clivage trompeur, Le Monde Diplomatique

Perspectives contrastées pour le populisme de gauche, Lavamedia.be

Pour ou contre le “populisme de gauche” ?, Revuepolitque.be

Et vous, êtes-vous néolibéral·e ou populiste ?, Revuepolitque.be

Le populisme, nouvelle crise de Babel, Le Point

Environnement-climat : pour un New Deal européen, Project Syndicate