RÉSUMÉ | Débat | La croissance économique de l’Afrique subsaharienne : quel rôle pour l’Europe ?

Le 2 avril 2019, PubAffairs Bruxelles et la la Représentation permanente de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) auprès de l’Union européenne ont organisé un débat d’idées qui portait sur la croissance économique de l’Afrique subsaharienne au cours duquel sont intervenus Mme Erica Gerretsen, Chef d’unité Coopération internationale et politique de développement, Commission européenne, S.E. Abdellahi Kebd, Ambassadeur de Mauritanie auprès de l’Union européenne, Dr. San Bilal, Chef du programme ‘Commerce, investissement et finances’, Centre européen de gestions des politiques de développement (ECDPM), M Emmanuel Tuchscherer, Directeur des Affaires européennes, Engie, M Paul Frix, Directeur général honoraire, Ministère belge des Affaires étrangères et de la coopération au développement.

M David Bongard, Représentant permanent adjoint de l’Organisation Internationale de la Francophonie auprès de l’Union européenne, a tenu un discours d’introduction.

Le modérateur était Thierno Seydou, Associé, Conseiller Senior pour l’Afrique, Schuman Associates.

Le modérateur Thierno Seydou Diop a ouvert la soirée en présentant les intervenants à ce débat, ainsi que leurs domaines de compétence respectifs, puis a interrogé l’audience par un vote à main levée sur la question de savoir si l’Europe devrait jouer un rôle plus important dans le développement de l’Afrique subsaharienne. À une grande majorité, les participants étaient d’avis que l’Europe doit en effet jouer un rôle de plus grande importance en Afrique subsaharienne.

Avant d’accueillir le représentant permanent adjoint de l’OIF auprès de l’UE, le modérateur a rappelé les circonstances et les enjeux de ce débat : d’un côté, la croissance économique et démographique constante de l’Afrique ces dernières années est mise en contraste avec la perception européenne de l’Afrique liée aux flux migratoires vers l’Europe, et de l’autre, l’Union européenne a annoncé en 2018 la mise en œuvre du « Plan Juncker » afin de relancer le partenariat entre l’Afrique et UE. Le modérateur a ensuite souligné le fait que les échanges commerciaux et culturels entre l’Afrique et l’Europe sont très conséquents. En effet, le modérateur a expliqué que le rôle de l’UE sera aussi défini par les acteurs politiques européens, notamment à l’aube de possibles changements politiques en 2019, et naturellement par les déterminants de cette croissance de l’Afrique subsaharienne. En partant de ces considérations, le modérateur a ouvert le débat sur les perspectives de développement de l’Afrique subsaharienne et s’est penché principalement sur les investissements stratégiques, la question des objectifs de développement durable et sur le domaine des besoins énergétiques.

Le représentant permanent adjoint de l’OIF, M. David Bongard, a ouvert l’évènement par un discours dans lequel il a salué l’importance d’avoir un débat d’idées où la langue française est mise en valeur. En reconnaissant le lien inextricable entre les deux continents, il a souligné le rôle de l’UE en tant que premier partenaire de l’Afrique tant en matière d’investissement que de commerce et d’aide au développement. Il a également évoqué les actions de l’OIF pour le développement de l’économie en Afrique notamment à travers le renforcement des capacités commerciales de ses Etats membres et le déploiement de son réseau d’expertise en matière de politiques commerciales dans 14 pays (5 en Afrique centrale et 9 en Afrique de l’Ouest) et auprès de 4 organisations d’intégration régionale d’Afrique Centrale et de l’Ouest. Enfin, il a rappelé le fort soutient de l’OIF depuis de nombreuses années à la « coopération tripartite ».

Le modérateur a demandé, à plusieurs reprises, le point de vue de l’oratrice de la Commission en ce qui concerne le rôle de l’Europe dans le processus de croissance de l’Afrique subsaharienne.

Mme Erica Gerretsen a commencé son intervention par décrire les actions de la Commission européenne en matière d’aide au développement, et a également fait valoir ses expériences en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Ces actions se font notamment à travers l’appui budgétaire, basé sur une confiance réciproque avec les pays receveurs. En ce qui concerne la relation de l’Europe à l’Afrique, l’oratrice a expliqué que celle-ci est une relation privilégiée, en raison de la proximité géographique, de l’histoire et des langues communes, ainsi que des échanges économiques et culturels. Par rapport à cette question et aux objectifs de développement durable pour l’horizon 2030, Mme Gerretsen a spécifié que l’Union européenne se tourne vers une approche universelle et non seulement limitée aux pays en développement. Ensuite, l’oratrice a expliqué que l’Alliance Afrique-Europe a pour objectif de renforcer le partenariat en termes d’investissements stratégiques, d’aide au développement à la population, entre autres, dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la création d’emplois. De plus, l’oratrice a souligné l’importance du programme Erasmus+ qui a formé plus de 450.000 travailleurs africains depuis 2014.

Mme Gerretsen a ensuite précisé que le cadre financier pluriannuel prévoit 32 milliards d’aides vers l’Afrique subsaharienne entre 2021 et 2027 au travers d’instruments financiers comme le plan d’investissement extérieur associant acteurs publics et privés. De plus, la Commission européenne s’est engagée en faveur d’une intégration économique et commerciale continentale en incluant les acteurs de la société civile afin de tendre vers un développement durable en Afrique. L’objectif de la stratégie Globale de l’Union Européenne est de fournir un cadre stratégique dans lequel l’Union est en mesure de comprendre les défis internationaux et en particulier ceux de l’Afrique afin d’y répondre d’une manière forte et cohérente. Des stratégies thématiques et géographiques pour relever efficacement les défis transversaux complexes aujourd’hui tels que le changement climatique, les migrations et le terrorisme, sont appliquées dans tous les pays d’Afrique à travers ses délégations.

Les revenus des gouvernements et l’aide au développement ne sont pas les seules sources de financement disponibles. De nombreuses ressources financières additionnelles sont disponibles pour répondre aux besoins des pays en développement, tels que les investissements du secteur privé, la dette, les envois de fonds de migrants, la coopération sud-sud et triangulaire, la finance innovante etc., mais aussi une plus grande efficacité de la dépense publique. Chacune de ces sources peut jouer un rôle dans l’implémentation de l’ambitieux agenda 2030 pour un développement durable, et a besoin d’être mobilisée pour supporter la réalisation de ces objectifs. Cette dynamique est confirmée par le fait que la dette a repris le dessus en Afrique avec des chiffres importants, mais avec une structure différente que précédemment étant donné que les créanciers principaux sont la Chine et les prêteurs privés.

De plus, l’oratrice a remarqué que la capacité d’endettement résiduelle est une donnée importante pour financer les économies africaines et que, dans le cas de l’Afrique subsaharienne, la mobilisation des revenus intérieurs et le taux de pression fiscale sont des plus faibles au monde, ce qui donne aux gouvernements une marge de manœuvre importante. Toutefois, Mme Gerretsen a souligné que la Commission encourage les pays d’Afrique à avoir une fiscalité juste et efficace et favorise la lutte contre les flux financiers illicites.
Enfin, l’oratrice a souligné que les dernières données sur les investissements étrangers en Afrique sont à la baisse et que, par conséquence, il serait souhaitable d’encourager une amélioration du climat des affaires, comme noté par le classement de la Banque Mondiale sur la facilité des affaires [Ease of Doing Business] qui n’a classé que deux pays africains, à savoir la Mauritanie et le Rwanda, dans les cinquante pays les mieux placés.
Le modérateur a demandé à l’Ambassadeur de Mauritanie ce qu’il attendait de l’Union européenne et de l’Alliance Afrique-Europe.

Le modérateur a aussi demandé, à plusieurs reprises, la perspective de l’Ambassadeur Abdellahi Kebd sur la relations entre l’Afrique et l’Europe.

L’Ambassadeur Abdellahi Kebd, en guise de préambule, a affirmé qu’il allait placer son intervention d’un point de vue africain. En outre, il a argumenté que l’Afrique subsaharienne présente une réalité de croissance et des perspectives qui font consensus, mais une image qui pâtit de la surreprésentation du phénomène migratoire. En effet, l’orateur a expliqué que l’Afrique et l’Europe, vieux continents, voisins par la géographie et conjoints par l’histoire passée, sont fortement liés aujourd’hui par les échanges commerciaux et obligés à s’entendre pour l’avenir. Ainsi, il semble évident que les besoins sont réciproques et que la question de la relation entre les deux continents devrait être vue aussi par la perspective de la contribution de l’Afrique à la croissance de l’Europe.

En réalité, l’orateur a continué, les richesses créées en Europe sont aussi partiellement liées à du travail, du capital ou de la matière grise africaines et, pour ces raisons, l’Europe peut trouver des sources de croissance dans le continent africain. L’Ambassadeur a affirmé que, dans un monde qui n’est plus bipolaire, mais pas encore multipolaire de manière bien établie, et où les rapports de force se cherchent, l’Afrique est clairement au cœur de la convergence des grandes opérations de concurrence commerciale. Dans ce contexte, ce que l’Afrique attend de l’Europe est d’être fidèle à ce capital historique développé en commun. L’orateur aussi souligné que l’acteur chinois n’est pas le seul et que la relation avec l’Afrique de ce dernier n’est pas la même qu’avec l’Europe.

Etant donné ce contexte, l’Ambassadeur a affirmé que l’Europe devrait être plus attentive aux spécificités du cas africain en remarquant en même temps que les compétences de la Commission européenne en matière commerciale sont très appréciées par les pays africains comme elles offrent la possibilité d’avoir un point de référence unique. En conclusion, l’orateur a exprimé l’avis qu’il faudrait faire le bilan des instruments utilisés dans les politiques de développement afin d’aller vers plus de confiance de la part de l’UE envers les gouvernements des pays africains dans l’utilisation des fonds. Par ailleurs, cette direction a été envisagée par le plan d’investissement extérieur de l’UE, selon les conclusions de l’ambassadeur.

Thierno Seydou, s’est tourné vers M. Frix, pour lui demander comment la relation avait évolué et ce qu’il reste à faire, en faisant référence à la déclaration Schuman. [« L’Europe pourra, avec des moyens accrus, poursuivre la réalisation de l’une de ses tâches essentielles : le développement du continent africain.”]

M. Paul Frix a posé comme première réflexion que les deux continents sont actuellement en recherche de nouveaux modes de gouvernance, dans des redéfinitions qu’ils peuvent effectuer dans la complémentarité ou, au contraire, de manière divergente. L’orateur a ensuite expliqué que l’Afrique s’est réveillée, il y a une trentaine d’années, période pendant laquelle l’Europe s’est largement désinvestie du continent voisin. Entre temps, l’Afrique a redémarré en termes économiques avec des taux de croissance importants, bien que la dépendance vis-à-vis des ressources naturelles reste encore importante. Ce réveil, M. Frix a expliqué, est en grande partie dû à la Chine, qui a notamment son propre mode de développement où le partenariat public privé est conçu très différemment du modèle européen. Aujourd’hui, il s’agit, d’après l’orateur, d’un tournant pour l’Europe, qui doit se ressaisir et rendre ses plans d’aide plus concrets et efficaces.

L’orateur a ensuite offert une analyse historique des rapports entre l’Afrique et l’Europe en partent des années 60 quand la Chine et l’Afrique avaient le même niveau de vie par habitant, ainsi que d’industrialisation, alors qu’aujourd’hui, la Chine est en couse pour devenir la première puissance économique mondiale. Dans cette période, le cadre du développement des pays africains a souffert des conséquences du pacte colonial qui consistait en la fourniture de ressources naturelles à l’Europe en échange des équipements à ses colonies.

Ensuite, le processus de décolonisation a fait monter la volonté des pays africains de s’industrialiser dans un cadre protectionniste afin de développer ses propres industries. Par conséquence, les aides européennes ont visé à faciliter ce processus qui a toutefois utilisé, dans la plupart de cas, un modèle de développement qui a essayé de reproduire des systèmes similaires aux pays colonisateurs. Dans les années 70, la crise pétrolière a plongé l’Europe et le monde occidental plus généralement, dans le ralentissement économique et, en même temps, l’abondance des pétrodollars en Afrique a jeté les bases de la crise de la dette des années 1980, qui été renforcée par la hausse des taux réels. L’Europe s’est donc orientée vers le remboursement de la dette, avec des programmes de restructuration et d’austérité budgétaire, comme elle l’a fait pour elle-même en 2008.

Dans les années 2000, cependant, l’Europe a procédé à des allègements et annulations de dette face à l’impossibilité de remboursement des gouvernements africains, alors que la Chine se tournait massivement vers les ressources de l’Afrique avec des approches différentes. En effet, l’orateur a expliqué, la Chine a mis en place un système de troc où le non-remboursement entraîne des transferts de droit de propriété, de concession, de droit d’exploitation, en permettant une continuation du développement des activités par les acteurs chinois. De plus, la Chine a aussi fortement imposé aux pays africains sa culture de gouvernance.

Pour l’intervenant, le programme d’investissement extérieur de l’UE est bien conçu, car il repose sur trois points : un système de garanties de 40 milliards d’euros, un système d’assistance technique et un système d’amélioration du climat des affaires. Toutefois, plusieurs défaillances peuvent être relevées, par exemple, du point de vue du financement privé. En effet, les sociétés financières qui ne sont pas décentralisées et ne connaissent donc pas le contexte sur place en Afrique, ne seraient pas en mesure d’aider les PME locales, notamment une source fondamentale pour relancer l’emploi et la redistribution de la richesse. Pour cette raison, l’orateur a affirmé qu’il est fondamental de créer des plateformes de promotion et des plans d’aide au développement. En ce qui concerne les enjeux à atteindre, M. Frix a expliqué qu’il s’agit d’abord de la création d’emplois durables et viables au travers des investissements stratégiques de long terme. De plus, la transition énergétique qui fait face au besoin croissant et presque inassouvissable de l’Afrique doit aussi être prioritaire pour l’Europe, alors que la Chine est au-devant du développement de solutions utilisant les ressources renouvelables, dont l’Afrique regorge.

Le modérateur a ensuite posé la question des attentes et des défis que les acteurs du secteur énergétique perçoivent en s’engageant dans le continent africain.

M. Emmanuel Tuchscherer a commencé par présenter les activités d’Engie, qui a de très fortes ambitions de développement de ses activités en Afrique. Le Groupe propose des offres diversifiées en matière d’énergies renouvelables, notamment dans le solaire et l’éolien, de solutions d’énergie et de stockage décentralisées et plus généralement d’ingénierie et de services à l’énergie pour accompagner l’urbanisation et la croissance rapide du continent africain. Le Groupe poursuit depuis trois ans une politique d’investissement et d’acquisitions très dynamique et veut accélérer sa croissance sur le continent. Engie est présent en Afrique sub-saharienne depuis plus de 50 ans où il a des bases solides, comme en Afrique du Sud, où il est le premier producteur indépendant d’électricité et est présent dans les services d’efficacité énergétique.

M. Tuchscherer a rappelé que la population du continent allait doubler d’ici 2050 avec des besoins de consommation énergétique en forte croissance, qui pour être satisfaits nécessitent d’accélérer considérablement les besoins en capacité de production électrique et en infrastructures énergétiques. Engie veut intervenir sur ce terrain comme un acteur responsable, avec toute la palette de ses solutions bas carbone, et en prenant en compte la diversité des besoins rencontrés. Il a été souligné que les problématiques des grandes métropoles urbaines – de congestions, de déploiement d’infrastructures de réseaux, de mobilité durable, de fourniture de solutions de climatisation, sont très différentes de celles de la ruralité – où s’imposeront des solutions décentralisées, « microgrids » et «off-grids». Il n’y a donc pas de solution « one size fits all » au développement énergétique de l’Afrique, mais une palette d’outils adaptés aux réalités des besoins et des niveaux de développement. L’innovation tiendra un rôle clé, ce que M. Tuchscherer a illustré avec l’exemple de l’installation solaire domestique « Ready Pay Power », fourni en Ouganda ou en Zambie : une « box » qui couple des panneaux photovoltaïques à des prestations pour la recharge de téléphones mobiles, radio, télévision, fonctionnant sur le principe du « pay as you go ».

L’orateur a ensuite souligné que le développement de l’Afrique doit à tout prix éviter les chausses trappes dans lesquelles sont tombées nos vieilles économies industrialisées, en particulier le recours massif aux solutions fossiles. Comme en matière de téléphonie, l’Afrique subsaharienne a l’opportunité de passer directement en matière d’énergie à une économie « 2.0 » ou « 3.0 ». La sécurité du cadre juridique et la qualité de la gouvernance publique sont des éléments clés pour drainer les investissements étrangers en l’Afrique. L’UE doit inventer des moyens d‘action qui lui sont propres et trouver des alternatives à une « stratégie à la chinoise » – dont le fer de lance est la puissance des grandes entreprises à capitaux publics, aux comportements souvent prédateurs et reposant sur des capacités d’investissement et de prise de risque sans commune mesure avec les européennes. L’UE doit en particulier aider ses majors de l’énergie à se projeter en Afrique en aidant à sécuriser le cadre d’investissement et à améliorer le climat des affaires.L’orateur a suggéré que l’Afrique pourrait s’inspirer de ce qui marche bien dans l’UE, par exemple la coopération régionale et l’harmonisation réglementaire.

Le modérateur a demandé à M. Bilal ses perspectives sur le rapport entre l’UE et l’Afrique dans le contexte actuel.

Dr. San Bilal a voulu avant toute chose rappeler que la croissance économique n’est pas un objectif en soi, mais qu’il s’agit d’un moyen, en vue d’un développement économique durable et du bien-être des populations. À propos de la croissance économique forte de certains pays africains, il a considéré qu’elle est surtout liée à l’exploitation des ressources naturelles et que cette croissance est à relativiser en raison de la forte croissance démographique de la population. De plus, l’orateur a expliqué que, d’après lui, l’approche rhétorique de l’UE vis-à-vis de l’aide apportée à l’Afrique a changé. L’Europe n’est plus un acteur qui aide l’Afrique de manière bénévole et paternaliste, mais considère une approche plus pragmatique et équilibrée, basée sur un partenariat égalitaire « gagnant-gagnant », reposant sur des considérations de proximité géographique et culturelle, et des intérêts communs, géostratégiques, migratoires, climatiques, et impliquant le secteur privé et autres acteurs non-étatiques. L’alliance Europe-Afrique a aussi un rôle important à jouer dans les relations internationales et négociations multilatérales.

Sur le rôle de l’Europe dans la croissance économique africaine en soi, l’orateur a mis l’accent sur le fait que le développement de l’Afrique repose d’abord sur les initiatives et efforts des Africains eux-mêmes, l’Europe ne pouvant au mieux qu’accompagner ces efforts de développement, ce qu’elle fait. De plus, Dr Bilal a insisté sur le fait qu’il existe de nombreux modèles et expériences nationales différentes de croissance et développement dont il faut tenir compte, y compris dans le mode de soutien que l’Europe peut apporter de manière spécifique à chaque pays et situation. Dans ce contexte, l’orateur a exprimé l’avis que les pays africains sont, à son avis, souvent trop attentistes vis-à-vis des initiatives de l’Union européenne et devraient être plus proactifs dans la formulation de leur partenariat avec l’Union européenne, la nouvelle alliance annoncée de manière unilatérale par le Président de la Commission Jean-Claude Juncker. Afin que les objectifs de l’Alliance Afrique-UE soient atteints, les pays africains doivent définir des plans d’action liés aux formes d’aide disponibles. Si ces conditions sont remplies, le plan d’investissement extérieur sera un excellent instrument qui, d’ailleurs, doit encore se mettre en place et dont le budget devrait encore augmenter dans les prochains budgets européens.

La session de questions-réponses avec l’audience a couvert les thèmes suivants : la responsabilité de l’Europe en Afrique en raison du colonialisme ; l’efficacité de l’aide au développement ; les conditions d’accès au marché européen pour l’Afrique ; la confiance de l’Europe envers l’Afrique dans l’utilisation de l’aide au développement ; l’efficacité du modèle d’implantation chinois ; le sommet Afrique-UE des PMEs ; la concurrence des pays d’Amérique du Sud en matière de produits agricoles et les accords de libre-échange avec l’UE ; la corruption qui neutralise certains fonds d’aides au développement ; la politique douanière de l’Union européenne.

Voulez-vous approfondir les questions abordées lors de notre débat? Consultez les publications et références répertoriées ci-dessous:

La déclaration Schuman du 9 mai 1950, Union Européenne

Site du Partenariat Afrique – UE

Renforcer le partenariat de l’UE avec l’Afrique, Commission européenne

Plan d’investissement extérieur de l’UE, Commission européenne

Communication relative à une nouvelle alliance Afrique – Europe pour un investissement et des emplois durables: hisser notre partenariat pour l’investissement et l’emploi au niveau supérieur, Commission européenne

Réduire l’écart de financement de l’Afrique, by G. Arditti, Project Syndicate

« Ease of Doing Business » : mesurer la réglementation des affaires, Banque Mondiale

Objectifs de développement durable : en phase avec les priorités de l’Afrique, Nations Unies

Afrique : Comment améliorer la gestion des finances publiques, by Bi. Bedasso and N. Cole, Project Syndicate

[EN] Les relations Afrique-UE et post-Cotonou : action collective africaine ou nouvelle fragmentation des partenariats?, Centre européen de gestions des politiques de développement (ECDPM)

Dérives continentales dans un monde multipolaire : Enjeux pour les relations Afrique-Europe en 2019, Centre européen de gestions des politiques de développement (ECDPM)

Le Plan d’investissement extérieur européen: défis et prochaines étapes pour changer la donne, par S. Bilal et S. Große-Puppendahl , Centre européen de gestions des politiques de développement (ECDPM)

Radioscopie du Plan d’investissement extérieur de l’UE, par S. Bilal et S. Große-Puppendahl, Centre européen de gestions des politiques de développement (ECDPM)

Au delà des discours : l’Afrique et l’Europe vont-elles mobiliser ensemble les investissements pour le développement ?, par S.Bilal, Centre européen de gestions des politiques de développement (ECDPM)

L’avenir de la coopération euro-africaine : analyse historique et recommandations pour le future, Paul Frix

La relance économique, une priorité pour l’Afrique subsaharienne, Le Point

‘Sans la Chine, nous n’aurions pas obtenu autant d’argent des pays étrangers’, Le Monde

1er Sommet UE – Afrique sur les PME, Commission européenne, Communiqué de presse

Marrakech : Le développement durable au cœur d’un Forum régional africain, Agence Afrique

Les énergies renouvelables en Afrique, ENGI

[EN]Le développement énergétique de l’Afrique Sub-Saharienne, Commission européenne sur

[Video- EN] Comment l’UE peut-elle soutenir l’industrialisation en Afrique? Vidéo avec S.Bilal, Centre européen de gestions des politiques de développement (ECDPM)

[EN] Looking north and moving south: Little enthusiasm for a continent-to-continent approach: North Africa’s double pursuit – Part I, par E. De Groof and J. Bossuyt, Centre européen de gestions des politiques de développement (ECDPM)

[EN] Mixed messages from Europe and Africa stand in the way of an intercontinental deal: North Africa’s double pursuit – Part II, par E. De Groof and J. Bossuyt, Centre européen de gestions des politiques de développement (ECDPM)