Déclaration à la presse du président Charles Michel suite à sa réunion avec la présidente de la Géorgie. Mme Salomé Zourabichvili | EU Council Press

Je suis très heureux d’être ici en Géorgie, de vous retrouver après notre rencontre à Bruxelles, il y a quelques semaines. Et ma visite aujourd’hui, avec également une visite hier en Moldavie et demain en Ukraine, est un message. C’est le message de l’engagement de l’Union européenne pour ce partenariat avec l’ensemble des pays de la région. Et avec un message: l’Union européenne veut être fermement aux côtés de la Géorgie. Nous soutenons votre souveraineté, nous soutenons votre intégrité territoriale dans une région qui, nous le savons, est complexe. Nous soutenons aussi l’ambition de mettre en place des réformes et la lutte contre ce défi immédiat qui nous frappe, qui frappe le monde entier, le COVID-19, ainsi que le redressement économique et social qui va devoir nous mobiliser tout au long des prochains mois et des prochaines années. Je souhaite que ma présence soit l’occasion de renforcer ce message d’amitié et de soutien de la part de l’Union européenne.

Cependant, vous l’avez évoqué, ma visite intervient dans le contexte d’une crise politique qui s’aggrave en Géorgie. Cela préoccupe beaucoup l’Union européenne et cela me préoccupe moi-même, personnellement, énormément. L’Union européenne appelle toutes les parties à intensifier leurs efforts pour désamorcer la situation et à se réunir pour trouver un terrain d’entente. Au cours de notre réunion, j’ai eu l’occasion de rappeler cet appel à l’action, aux discours responsables ainsi qu’au dialogue entre les partis politiques, avec l’opposition et avec le gouvernement. Plus tard dans la journée, j’aurai l’occasion de mener des discussions, que j’espère sincères, franches et ouvertes, tant avec le Premier ministre et le président du Parlement qu’avec les chefs des partis d’opposition.

Je mesure bien que le débat politique dans le cadre démocratique exige du leadership ainsi que du courage de la part de toutes les parties qui sont engagées dans le débat politique. Je suis convaincu que la Géorgie dispose des atouts pour surmonter les défis actuels et pour consolider les bases de sa démocratie. Consolider les bases de sa démocratie, non seulement en lien avec l’engagement européen, mais aussi pour garantir les droits fondamentaux des citoyens de ce pays et la capacité de pouvoir réaliser les aspirations des citoyens. En cela, la stabilité politique, renforcée par une démocratie ouverte, par un système judiciaire performant et indépendant, est essentielle pour approfondir le partenariat entre la Géorgie et l’Union européenne. Vous savez que ces objectifs se reflètent dans notre accord d’association, qui est extrêmement ambitieux, puisqu’il représente une large part de l’acquis européen et joue un rôle moteur en termes de capacité de développement économique et donc de cohésion sociale.

Sur le plan du COVID-19, l’Union européenne a montré et va continuer à montrer sa forte solidarité avec la Géorgie. Ensemble, Union européenne et États membres, nous avons mobilisé plus de 400 millions d’euros pour tenter de surmonter cette crise. Nous savons que maintenant, la vaccination rapide est un enjeu essentiel; chaque semaine compte. L’Union européenne est le principal donateur du programme COVAX, grâce auquel des vaccins pourront être délivrés dans ce pays. Et je continuerai, avec l’ensemble des institutions européennes, à soutenir la Géorgie pour faire en sorte que, le plus rapidement possible, elle puisse avoir accès aux doses. Notre réponse commune doit être basée sur un esprit de coopération également dans le cadre de l’Organisation mondiale de la santé.

L’assistance de l’Union européenne est plus large que la perspective du COVID. Au cours des sept dernières années, c’est plus de 800 millions d’euros qui ont été mobilisés, notamment dans des secteurs prioritaires, comme la collectivité ou l’agriculture, par exemple, et une part importante du soutien européen est apportée dans le cadre de la Banque européenne d’investissement. Je suis d’ailleurs accompagné par le président de la Banque européenne d’investissement afin de voir de manière opérationnelle comment continuer à déployer des ambitions et des projets. La Banque européenne a fourni environ 1,8 milliard d’euros à l’économie locale depuis 2007, dont récemment 170 millions dans le cadre du COVID-19.

Enfin, nous avons discuté des conflits. J’ai eu l’occasion de réitérer le soutien ferme de l’Union européenne à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Géorgie à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues et plus tard dans la journée, j’aurai l’occasion de me rendre sur la ligne de démarcation administrative de la région sécessionniste d’Ossétie du Sud. Les développements actuels dans votre région sont un nouveau rappel de la nécessité pour la Géorgie de se rassembler et d’être dans l’unité, sur l’essentiel, sur les valeurs et sur les intérêts, et dans cette entreprise, vous savez bien que vous pouvez compter sur l’engagement de l’Union européenne. Je vous remercie.