La politique commerciale de la seconde administration Trump constitue une rupture avec les engagements internationaux des États-Unis et un séisme pour le système commercial multilatéral. Son effet déstabilisant est renforcé par les excédents commerciaux démesurés de la Chine, qui ont doublé depuis la crise sanitaire de 2020. Nous entrons dans une nouvelle ère marquée par une érosion des normes au profit de logiques transactionnelles. Pour l’Europe, le défi est de taille.
En 2025, les relations économiques internationales ont subi un bouleversement probablement sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les décisions de l’administration Trump en sont la cause immédiate la plus visible. Leur dimension commerciale est loin d’être la seule, mais elle mérite qu’on s’y arrête pour mesurer les changements – et même la rupture – à l’œuvre, leur sens et leurs répercussions.
Au-delà du court terme, la question est de savoir quelles en seront les conséquences durables. Il faut donc d’abord élargir la focale pour faire ressortir la seconde force structurante des évolutions commerciales des dernières années : la position de plus en plus dominante de la Chine dans l’industrie mondiale. Pour les pays tiers, le protectionnisme américain ne fait qu’aviver le tranchant du mercantilisme chinois. Sur fond de tensions géopolitiques et d’arsenalisation croissante des interdépendances, c’est un redoutable effet de ciseau qui s’ensuit pour le commerce mondial, et plus largement pour l’environnement économique international. […]
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Sébastien Jean est professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et directeur associé de l’Initiative géoéconomie et géofinance à l’Ifri.